Gabriel

Lorsque le bus nous dépose au bas de Coban, voila déjà 6 heures que nous sommes partis et la fatigue commence à peser lourdement sur nos épaules.

Coban est bien différente d’Antigua. Antigua est une ville rectiligne, faite de blocs presque égaux, un peu sur le modèle des grandes villes américaines. Tout au contraire, Coban possède une disposition des lieux totalement hétéroclite. L’on trouve ici toutes sortes de maisons. Des petites, des grandes, des hautes et des basses. Aucune ne sont semblables, ce qui donne à l’ensemble un aspect capharnaüm. Ce qui frappe de plus au premier regard est l’omniprésence des petits magasins, las tiendas. Ce sont avant tout des boutiques minuscules d’alimentation dans lesquelles l’on trouve essentiellement des sodas, de l’eau pure, des tortillas et autres sortes de chips en chapelet de petits paquets multicolores.

La première chose a faire en arrivant dans une ville est de trouver un hôtel. A ma grande joie, Christopher décide de prendre les choses en mains. Armés de nos guides touristiques nous cherchons dans les rubriques économiques un lieu qui pourrait nous héberger pour les deux nuits a venir. Nous repérons sur la carte de Coban l’hôtel où nous pensons aller et nous voila parti en file indienne. Au Guatemala, vous apprenez rapidement à marcher sur les trottoirs. Sur la route, la priorité appartient aux voitures. Ceci est incontestable et incontesté. De temps en temps, les voitures ou les bus vont vous prévenir au dernier moment de leur arrivée, mais ce moment la risque déjà d’être trop tard pour vous. Maintenant, je n’ai pas encore vu d’accident ici.

Apres trois blocs nous arrivons à la Casa d’Acuna. C’est un petit hôtel tout en charme. Il reste assez de place pour nous cinq. Christopher et moi serons dans une chambre et les filles dans une autre. Notre chambre comporte deux lits superposés, ce qui fait au total quatre couchages. Ce n’est pas très spacieux, mais propre. Plus tard dans l’après-midi, une canadienne et un américain vont nous rejoindre dans la chambre, ainsi nous serons complet. Nous confirmons notre accord et la responsable nous demande de payer d’avance pour les deux nuits. Ce sera 40 Quetzal par nuit et par personne. Le prix est plus que correct.

Petite pause sous le patio et nous essayons d’organiser les deux prochains jours à venir. Aujourd’hui nous irons visiter une production de café et demain nous nous rendrons à Semuc Champain.

Le café est une des principales productions du Guatemala. Ce pays est le quatrième producteur mondial et son café est avant tout un arabica de très bonne qualité. Quasiment toute la production du pays est destinée à l’exportation. A cause de cette obligation d’exportation du café, celui que nous pouvons consommer sur place est d’une qualité plus que moyenne.

Nous devons maintenant allez nous renseigner pour la journée de demain a Semuc Champain. Direction l’agence de voyage. Nous traversons pratiquement tout Coban. Depuis notre arrivée, la ville s’est transformée. Les trottoirs sont maintenant envahis de femmes aux vêtements typiques de couleurs vives, assises à même le sol et vendant toute sorte de produits. Des fruits, des natchos, des ensaladas, des tissus, des colliers, des bracelets tout cela dans de grands paniers en osier presque plats. Des dizaines d’enfants courent entre les voitures et s’approchent de nous pour nous vendre des petites poupées portant bonheur, ou bien de grand colliers en bois de santal. No gracias est une des expressions espagnoles qu’il vous faut apprendre le plus rapidement possible.

Steena est danoise. Comme beaucoup de ses compatriotes elle est très grande, probablement plus de 1m80, blonde avec des yeux d’un bleu azur vif. Nous sommes sur les hauts plateaux du Guatemala ou la morphologie générale des femmes est plutôt proche de la petite taille, brunes aux yeux profondément noirs. Les gens nous regarde passer un peu étonné, il y a peu de touristes a Coban, Lorsque nous devons nous arrêter pour vérifier notre chemin, les enfants se rapprochent de Steena et la regarde, eux d’en bas et elle tout en haut. Steena nous dira plus tard qu’a force, elle finit par trouver cela désagréable cette impression d’être toujours l’objet de la curiosité des gens d’ici. Mais il y a une telle différence entre elle et les autres.

Nous voila arrivé a l’agence. Il y a approximativement une centaine de kilomètres entre Coban et Semuc Champain et nous pensons qu’il n’y a pas de transports en commun. Nous demandons a l’employé présent le prix pour nous cinq. Il nous répond 35 dollars par personne. C’est extrêmement cher. Christopher entreprend les négociations. Ici négocier est un sport national. Apres une heure de palabres sous le regard amusé d’un couple de hollandais, Christopher a réussi a descendre jusque 33 dollars. L’employé tient bon mais Christopher semble têtu. Un homme rentre dans l’agence, c’est le responsable. Il nous demande ce que nous voulons. Christopher lui indique que nous souhaitons aller à Semuc Champain, que nous sommes cinq et qu’un prix de 30 dollars par personne nous conviendrait. Le responsable nous donne immédiatement son accord et l’employé se sauve, profondément dégoûté.

Nous versons les dollars, signons, prenons le reçu et nous repartons. Rendez vous est pris pour demain 07h00 a notre hotel. Pour 30 dollars nous aurons un petit déjeuner, le transport aller-retour jusque Semuc Champain, l’entrée et un lunch.

La journée se passe ainsi tranquillement et nous nous retrouvons rapidement le soir. Au Guatemala nous sommes en zone tropicale, ainsi nous n’avons pas de fin d’après-midi. La nuit arrive aussitôt vers les 6 heure du soir. Nous adoptons rapidement le rythme local concernant les horaires alimentaires. Le repas du soir se situe presque toujours entre 18h30 et 19h00. Ce repas n’aura rien de spécial, quelques natchos et nous voila parti pour nous coucher. La journée a été longue et fatiguante.

07h00 un coup de klaxon nous indique que notre accompagnateur est arrivé. Et la, c’est la surprise et la panique en même temps. Notre guide, notre accompagnateur, notre chauffeur est l’employé de l’agence qui n’a pas voulu baisser le prix hier. Il a un petit regard étrange comme celui de quelqu’un qui sait qu’a la fin il gagnera. Voulez vous vraiment que je vous parle de l’état de propreté du 4×4 qui va nous emmener. Je suis sur que non. Toujours est-il que j’y perdrait une deuxième pantalon. Plus tard sur la route, nous comprendrons tous qu’il est parfaitement inutile de nettoyer les voitures ici, tant a l’intérieur qu’a l’extérieur.

Petit déjeuner rapide, toutes petites tartines, jus d’orange peut être, en tout cas orange juste pour colorer l’eau et café. Nous partons. Notre conducteur s’appelle Gabriel et son arme fatale c’est la conduite des touristes sur les routes impraticables du Guatemala. Je sais maintenant pour les Guatemalteques sont si croyant, c’est parce qu’ils redoutent d’avoir un jour Gabriel pour conducteur. Nous sommes tous assis, un anglais vivant en Israel nous a rejoint. Gabriel met en route le moteur et nous allons vivre trois heures d’un véritable cauchemar. Il regle le rétroviseur intérieur pour bien voir Katryn, passe la première et démarre son entraînement au Paris Dakar. La route a été taillée à la serpe dans la montagne. L’on peut encore voir les traces de la construction a coup d’explosifs. Il n’y a pas de goudrons, des blocs de rochers partout, la montagne a gauche, le vide a droite. Gabriel cramponné au volant avale les virages dans des dérapages pas toujours contrôlés. Je suis a l’arrière et j’ai une pensée émue pour mon médecin qui a passé deux mois a essayer de me réparer les vertèbres et dont le boulot va être détruit en moins de deux heures par un Guatémaltèque un poco loco.

Près de trois heures d’enfer en fin de compte et tout d’un coup le paradis. Dans un parc protégé, une foret tropicale et a l’abri des grands arbres, des cascades les unes après les autres. Une eau pure, presque transparente qui passe de paliers en paliers. Une onde turquoise douce et calme, le champ des oiseaux, une nature presque totalement préservée. Quelques personnes qui se baignent docilement sous un soleil tendrement présent. Nous posons nos affaires dans un coin, en maillot de bain et nous voila dans l’eau. Le soleil lui a donné depuis des heures une température idéale. Que dire de plus.

Quelques heures ainsi et c’est la catastrophe. Environ sept mètres de hauteur, Steena qui saute de la falaise, pas de problème. C’est au tour de Christopher, le corps qui arrive trop vite dans l’eau, trop mal, la douleur, une épaule déboitée. Impossible de remonter Christopher, il reste bloqué en bas. Avec Christine nous courrons chercher les gardiens du parc. Apres bien des explications laborieuses, ils ferment l’entrée. Voyant la grosse corde et l’immense machette que l’un des gardiens emporte avec lui, j’essaie d’expliquer que le but n’est pas de couper le bras de Christopher mais de le ramener, lui et son bras si possible. Je crois que les guatémaltèques ne sont pas sensibles a mon humour, il me regarde un peu étonne, mais avec beaucoup de pitié, ce n’est qu’après les explications de Christine en espagnol, qu’il va me rassurer. Il n’a toujours pas compris, tant pis. Nous partons au secours de Christopher.Ce n’est pas très grave.

Gabriel dévale la route vers l’hôpital de Coban aussi vite qu’il peut. Nous avons pris l’habitude maintenant et l’on ne voit pratiquement plus le précipice qui se rapproche de plus en plus à chaque instant. Moins de deux heures et nous sommes a Coban. Le médecin remet en place l’épaule de Christopher, lui pose une attelle et nous pouvons repartir à l’hôtel. Christopher doit garder son épaule bloquée pendant trois semaines, pour le moment il est complètement groggy par l’anesthésie. Ce soir nous partagerons la chambre avec deux néo-zélandaises. Je refais le pansement de Christopher et il s’endort.

Nous restons déjeuner sur place. Le restaurant est sympa mais les spaghettis al pesto sont vraiment étranges. Vertes, certes, mais al pesto moins sur. Enfin c’est une soirée agréable, Christopher nous a rejoint et cela va mieux. Dix heure, nous allons nous coucher, demain nous avons le voyage de retour.

En arrivant sur Antigua, nous décidons de nous retrouver le soir au Monoloco. C’est un restaurant un peu branché d’Antigua ou les natchos sont vraiment excéllentes, énormes et pas chere du tout, a peine 20 quetzal. Le voyage de retour a été long et difficile, je suis vraiment crevé et je sens déjà en moi les prémices d’une semaine qui va s’annoncer très difficile.

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El futuro esta en tus manos

A ce moment-là, je n’étais pas vraiment sûr que le futur se trouvait dans mes mains mais plutôt dans celles du chauffeur de notre bus. Celui-ci avait entrepris de doubler un autre bus et nous arrivions en haut d’une cote ne laissant rien voir à ce qui allait arriver de l’autre côté. Peut-être deux mêmes chauffeurs se livrant au même jeu. C’est à ce moment là, je crois, que j’ai compris pourquoi les guatémaltèques sont aussi croyants, c’est à cause des conducteurs de chicken-bus.

Je me réveillais de ma première nuit, il était aux environs de cinq heures du matin et des bruits assourdissants emplissaient entièrement la fin de la nuit. A un rythme incessant, des camions semblaient passer méthodiquement devant notre maison. Cela dura un peu plus d’une heure et stoppa net.

J’ouvris la porte de ma chambre et le soleil m’inondât d’une chaleur matinale douce. Il y avait une cour intérieure pavée pour moitié d’un carrelage rouge et jaune et pour l’autre moitié simplement le gris du béton. Au fond de la cour, une douche et des toilettes dont la porte fermait mal.

Ce matin là, je n’ai jamais compris le fonctionnement de la douche. Au-dessus du pommeau fixé au mur des fils électriques dénudés semblaient être le seul dispositif devant fournir une eau chaude. Il fallait avoir sacrément confiance pour se mettre sous ce dispositif là. C’est alors que j’ai compris pourquoi les Guatémaltèques se rendent si souvent à l’église, c’est à cause de l’eau chaude.

Sept heures trente, premier petit-déjeuner, des céréales. Nous sommes quatre à table, trois allemandes et moi. Elles parlent en allemand, je ne comprends rien. Janeth la mère de famille, une jeune fille de 23 ans déjà mère de deux enfants de 7 et 3 ans me parle en Espagnol, je ne comprend rien. Je n’aime pas les céréales au petit-déjeuner. Le soleil continue de briller dehors. Il fait chaud, très chaud, je suis au Guatemala.

Hello I’m Raphaëla. L’une des jeunes filles vient de m’adresser la parole, c’est celle en face de moi. Hello I’m Bruno, I just come from Paris. Les deux autres jeunes fille se présentent alors et je ne me souviendrais jamais de leur prénom. Deux d’entre elles sont allemandes et la troisième autrichienne. Nous parlons pendant quelques minutes en anglais et Raphaëla me fait comprendre qu’il faut que nous aillions a l’école. Elle me dit qu’elle est dans la même école que moi et que je n’ai pas à m’inquiéter, qu’elle va s’occuper de moi. Effectivement durant deux jours, elle va m’aider à faire mes premiers pas dans ce pays qui est pour moi si loin de tout.

Cabaguil Escuela. Raphaëla me présente à Ruth, la secrétaire de l’école. Formalités administratives puis présentation à celle qui doit être mon professeur, Olga. Nous commençons le cours. C’est alors que Christine arrive. Christine est la jeune fille avec qui j’étais en contact sur Internet et qui m’avait conseillé cette école et facilité mon inscription. Je suis enfin content de pouvoir parler en Français avec quelqu’un. Je lui donne les chocolats qu’elle m’avait demandé de lui apporter. Ici le bon chocolat est une denrée très rare et c’est toujours un bonheur pour les gens d’ici d’en recevoir, le mien étant destiné à la famille d’accueil de Christine et à l’école. Christine m’informe qu’Olga, mon professeur est sa mère. A mon regard étonné, elle me dit qu’ici, nos familles d’accueil sont nos mères et que les pensionnaires qui sont avec nous, nos frères et nos sœurs. J’ai donc ainsi trois sœurs allemandes, mais vous le verrez, cela va évoluer.

Mes deux premiers jours vont bien se passer, je découvre tout avec l’aide de Raphaella. Chez ma mère, l’anglais a été institué comme langue officielle par les trois jeunes filles allemandes lorsque je suis présent. Mon anglais est très rudimentaire, mais j’arrive à m’exprimer. Nous pouvons discuter ensemble. Dire d’où nous venons, raconter un peu notre pays et pourquoi nous sommes là. Le soir, Raphaëlla, m’emmène retrouver tous les autres étudiants dans l’un ou l’autre des bars d’Antigua. En fait il y a beaucoup d’Européens à Antigua. Tous, sont toujours gentils et accueillants lorsqu’un nouveau arrive, ils se rappellent leur arrivée. En grande majorité l’on retrouve des allemands, des autrichiens, des suisses et d’autres nationalités moins répandues. Tous sont jeunes, entre 20 et 25 ans. Je n’ai toujours pas rencontré de Français. Plus tard, Christine me dira qu’il n’y en a pas, que nous sommes les deux seuls et encore me dit-elle, je suis le seul métropolitain puisqu’elle est réunionnaise.

Jeudi soir, Christine me demande si je veux aller ce week-end à Semur-Champein. Elle m’explique simplement que cela vaut la peine et que nous serons plusieurs. Nous partirons vendredi matin de bonne heure et nous rentrerons dimanche dans la soirée. Je lui dis alors que je suis d’accord, il faut que je m’intègre et je veux découvrir le Guatemala pendant les deux mois oú je suis à Antigua.

Vendredi, 6 heures moins le quart, j’attends devant l’école. Un garcon et deux filles arrivent et me salent de loin. Christopher un autrichien, Katryn une allemande et Steena une Danoise. Ils m’embarquent avec eux et nous partons vers la gare routière retrouver Christine et notre bus vers Guate.

Christine est là et nous sautons dans le premier chicken-bus pour Guate. Sauter est le vrai terme. Il est temps que je vous explique ce qu’est un chicken-bus. D’abord, sachez que c’est un terme péjoratif qu’il ne faut pas employer devant un Guatemaltèque. En traduction, chicken-bus voudrait dire poulailler. Le vrai nom est camioneta.

Un chicken-bus est un ancien bus de ramassage scolaire américain. Il est souvent repeint de couleurs vivantes et ornementé à l’intérieur de multiples crucifix en plastique. A l’intérieur du bus vous avez deux rangées de sièges séparées par une allée centrale. Chaque siège en théorie peut accueillir deux personnes. Il y a un conducteur et un assistant. Le principe de base est d’occuper le maximum d’espace disponible, voire plus. Ainsi les premiers arrivés s’installent sur les sièges du fond et le placement se fait ainsi progressivement vers l’avant. Une fois que chaque siège a ses deux passagers, le troisième prend place sur le siège, et là vous devez commencer à aimer le contact humain. Une fois que chaque siège est pourvu de ses trois passagers, les passagers qui montent se concentrent dans l’allée centrale. Car des passagers qui montent, il y en a toujours. Le chauffeur n’attend pas que le bus soit plein pour partir, car il sait qu’en traversant la ville, il trouvera des passagers sur la route.

C’est là qu’est une des premières fonctions des l’assistant, d’être à l’avant du bus, la moitié du corps en dehors de l’engin et de crier la destination du bus aux passants dans la rue. Et dès que quelqu’un veut monter, il le pousse à sauter car le bus ne doit pas prendre de retard, même si il n’y a pas vraiment d’horaires établis.

La deuxième responsabilité de l’assistant est de faire payer les gens. Il y a 45 kilomètres entre Antigua et Guate. Le prix du trajet est de 5 Quetzal et 1 Quetzal représente un peu moins d’un franc. Maintenant, souvenez vous, nous sortons d’Antigua, le bus est plein, tous les sièges remplis et l’allée centrale bouchonnée comme une autoroute du soleil un jour de rentrée de vacances où il se serait mis à neiger. L’assistant est au début du bus et il doit franchir tout le bus et encaisser tout le monde sans oublier personne. Il parait que certains sont parfois contraints de passer directement par-dessus les banquettes tels des équilibristes. Si vous n’avez pas la monnaie, ne vous inquiétez pas, il prendra votre gros billet et reviendra toujours vous rendre la monnaie, soyez simplement patient.

Sur la route en arrivant à Guate de grand panneaux publicitaires indiquent seulement en noir sur fond blanc : « El futuro esta en tus manos ». Ce message est spécialement adressé aux conducteurs de chicken-bus, ne le lisez pas quand vous êtes à l’intérieur de l’un de ces bus, à ce moment il ne peut pas vous concerner. Le conducteur d’un chicken-bus est quelqu’un qui s’entraîne pour un probable futur rallye. Nous arrivons à Guate enfin après un peu plus d’une heure de route. Nous devons trouvez le bus de Coban.

Avant d’arriver à la gare routière, nous croisons le bus qui va à Coban. L’assistant reconnaît en nous les touristes qui vont à Coban, nous crie Coban, nous répondons que oui et nous montons. C’est un car pullman. Bon, enlevez-vous de la tête tout ce que le mot pullman peut représenter pour vous comme qualité et douilletterie. Au retour j’ai été contraint de jeter un short qui n’a vraiment pas supporté le niveau de propreté des sièges du pullman. Par contre nous avons tous notre place, et personne n’est dans l’allée. Le bus est plein sans être surchargé. Il y a deux cents kilomètres entre Guate et Coban et il est prévu de mettre quatre heures. Ne croyez jamais aux prévisions au Guatemala, sauf peut-être a celles de la météo qui va vous dire qu’il fera chaud. Le prix est de 33 Quetzal pour le trajet. Si j’indique parfois le prix des choses ou des transports c’est afin d’aider ceux que j’ai pu rencontrer sur les forums et qui sont en train de préparer leur voyage.

Le voyage se déroule sans incident, en milieu de parcours nous sommes bloqués par des travaux sur la route. Une longue file de véhicules se forme le long de la montagne, dans le bus la chaleur est insoutenable. Dehors des vendeurs arpentent le bitume, nous vendant boissons et autres aliments divers et variés. Certaines boissons sont étranges, de couleur fluo jaune, vert ou orange. Je préfère faire confiance à Coca-Cola. Un vendeur nous propose des hauts parleurs d’auto-radio. Après une demi-heure le car repart. Il s’arrêtera un peu plus loin, dans une cafeteria. Tout le monde descend. Plusieurs bus sont déjà là. Une longue file à la cafétéria, j’ai un peu faim mais je ne veux pas affronter l’espagnol de la serveuse que je ne comprendrais pas. Je peux attendre. Klaxon du bus, tout le monde remonte, le bus repart. Attention, si au moment du départ du bus, vous vous trouvez aux toilettes, c’est dommage pour vous, mais le bus partira sans vous. Nous arrivons à Coban après plus de cinq heures de transport.

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En transit …

Cela faisait un peu plus de deux heures que je vennais de quitter l’aéroport international Georges Bush de Houston et je voyais en dessous de l’avion les premieres lumieres de Guatemala City.

A Houston, le service d’immigration m’a posé des milliers de questions ou toujours la même chose revenait : Qu’est ce que je vennais faire sur le territoire Américain ? J’avais beau essayer d’expliquer dans un anglais approximatif que je n’étais qu’en transit pendant deux heures pour ensuite rejoindre le Guatemala, pour eux, j’étais sur leur sol, et il fallait que j’ai une bonne raison.

Au bout d’un quart d’heure, ils m’ont enfin accordé un visa de 90 jours and say « good luck in Guatemala » avec un petit air narquois.

Voila onze heures que je vennais de quitter la France et je me retrouvais dans un aéroport, loin de chez moi avec une seule envie, celle de passer un coup de fil.

Aux USA, pour téléphoner vers l’international, il faut une phone card spéciale que l’on ne trouve uniquement que dans les bureaux de change. Ensuite il faut composer un certain numéro indiqué sur la carte puis donner un code toujours indiqué sur la carte. Puis vous devez faire le 001133 et votre numéro en France sans le 0 devant ! Mais avant d’arriver a ce stade, il faut avoir découvert tout ce qui précede !

Dans l’aéroport, je rencontre un couple de Francais un peu plus perdu que moi. Nous échangeons quelques mots. Ils partent pour le Mexique et ne parlent pas un mot d’Espagnol et tres peu d’Anglais. Aujourd’hui alors que j’y repense, je me dis que le Mexique doit bien leur sembler compliqué.

Apres une de ces énormes glaces américaines, j’embarque pour le Guatemala. Dans l’avion, tout de suite l’ambiance sud-américaine prend le dessus. Les hotesses ne parlent qu’espagnol. J’ai du mal a définir la nature exacte de la collation qui nous est proposée. C’est a ce moment la, je crois, que j’ai décidé de devenir végétarien.

Les lumieres de Guatemala City brillent en dessous de nous. Sur la carte, cette ville me semblait petite, en fait elle est tres étendue. Plus tard, je verrais que non seulement elle tres grande et qu’en plus, elle est tres compacte.

Un long couloir nous mene vers les services d’immigration. Même questions, même réponses dans un anglais approximatif. Au bout de dix minutes, je trouve la formule magique : Escuela español. Je peux partir avec mon visa de 90 jours.

Il est tard, voila quinze heures que je suis parti de Paris et je suis fatigué. Tout me manque. Quelqu’un devrait venir me chercher. Je regarde et aucune affiche portant mon nom. Le désespoir me gagne un peu. Sur une feuille blanche, enfin mon nom ! Je suis soulagé: Buenos Dias, Hola. Nous allons vers sa voiture. Il y a 45 km entre Guate et Antigua. Je comprendrais une fois a Antigua pourquoi les amortisseurs faisaient un bruit aussi horrible.

Sur une route qui pourrait ressembler a notre périphérique parisien, un bus arrêté sur la file de droite provoque un petit embouteillage. En passant a coté, je vois le conducteur, torse nu, sous le bus en train de réparer.

Nous arrivons enfin a Antigua. Ici toutes les rues sont pavées ! Mais pas de ces pavés correctement alignés d’un mai 68 parisien. Non, ici ils sont tous biscornus, dans tous les sens, dans toutes les formes et signent ainsi l’arret de mort de toute forme d’amortisseur.

En fait mon conducteur est le pere de famille de la maison dans laquelle je suis hébergé. Il me semble jeune. Ma chambre est toute petite, un lit, une commode, une table et une chaise. Une lumiere jaune faible et vacillante tente malgré tout d’éclairer cette piece. Je suis trop fatigué, je m’endors.

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c’est parti …

Résultat, j’ai presque deux sacs à dos ! Vous m’avouerez que ce n’est pas très sérieux. J’espère simplement que je vais égrener un peu de ce surplus durant la période de deux mois à Antigua.

J’ai essayé de penser à tout, un nombre incalculable de copies des papiers, des piles de petits trucs et machins de chacun. Les « Becherel » vocabulaire et grammaire de l’Espagnol. Un dictionnaire français-anglais pour les deux heures que je vais passer à Houston. Les lunettes de soleil, le bob australien et une compilation des meilleurs morceaux de musique de l’univers. Et puis Amélie Poulain.

John, je laisse la dizaine de double Decker à 2000 calories piece, mais j’emporte le petit mot de tous. Je laisse aussi les charentaises, je n’ai pas réussi à me convaincre de leur utilité en forêt tropicale et c’est un véritable déchirement.

Malika, j’ai bien emporté « L’ignorance » de Kundera avec ton petit mot sur la couverture. J’ai aussi la nuit des enfants rois dont à chaque fois que je le lis, je me dis qu’il est un miracle de l’écriture.

Chris, dernier coup de fil de la nuit, je sais que tu viendras et je t’attend déja. Ne t’inquiètes pas pour le billet je vais te donner une adresse de rève où les voyages peuvent se faire sans finir SDF.

Enfin ma fille, c’est vrai ce qu’a dit Jean-Luc que tu es belle.

J’ai mis les adresses de tout le monde un peu partout, sur papier, sur palm, sur cd, sur internet et dans moi. Voila je crois que j’ai pensé à tout, il ne me reste plus qu’a partir.

Bon zou … passez une bonne journée …

à tout de suite

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