En transit …

Cela faisait un peu plus de deux heures que je vennais de quitter l’aéroport international Georges Bush de Houston et je voyais en dessous de l’avion les premieres lumieres de Guatemala City.

A Houston, le service d’immigration m’a posé des milliers de questions ou toujours la même chose revenait : Qu’est ce que je vennais faire sur le territoire Américain ? J’avais beau essayer d’expliquer dans un anglais approximatif que je n’étais qu’en transit pendant deux heures pour ensuite rejoindre le Guatemala, pour eux, j’étais sur leur sol, et il fallait que j’ai une bonne raison.

Au bout d’un quart d’heure, ils m’ont enfin accordé un visa de 90 jours and say « good luck in Guatemala » avec un petit air narquois.

Voila onze heures que je vennais de quitter la France et je me retrouvais dans un aéroport, loin de chez moi avec une seule envie, celle de passer un coup de fil.

Aux USA, pour téléphoner vers l’international, il faut une phone card spéciale que l’on ne trouve uniquement que dans les bureaux de change. Ensuite il faut composer un certain numéro indiqué sur la carte puis donner un code toujours indiqué sur la carte. Puis vous devez faire le 001133 et votre numéro en France sans le 0 devant ! Mais avant d’arriver a ce stade, il faut avoir découvert tout ce qui précede !

Dans l’aéroport, je rencontre un couple de Francais un peu plus perdu que moi. Nous échangeons quelques mots. Ils partent pour le Mexique et ne parlent pas un mot d’Espagnol et tres peu d’Anglais. Aujourd’hui alors que j’y repense, je me dis que le Mexique doit bien leur sembler compliqué.

Apres une de ces énormes glaces américaines, j’embarque pour le Guatemala. Dans l’avion, tout de suite l’ambiance sud-américaine prend le dessus. Les hotesses ne parlent qu’espagnol. J’ai du mal a définir la nature exacte de la collation qui nous est proposée. C’est a ce moment la, je crois, que j’ai décidé de devenir végétarien.

Les lumieres de Guatemala City brillent en dessous de nous. Sur la carte, cette ville me semblait petite, en fait elle est tres étendue. Plus tard, je verrais que non seulement elle tres grande et qu’en plus, elle est tres compacte.

Un long couloir nous mene vers les services d’immigration. Même questions, même réponses dans un anglais approximatif. Au bout de dix minutes, je trouve la formule magique : Escuela español. Je peux partir avec mon visa de 90 jours.

Il est tard, voila quinze heures que je suis parti de Paris et je suis fatigué. Tout me manque. Quelqu’un devrait venir me chercher. Je regarde et aucune affiche portant mon nom. Le désespoir me gagne un peu. Sur une feuille blanche, enfin mon nom ! Je suis soulagé: Buenos Dias, Hola. Nous allons vers sa voiture. Il y a 45 km entre Guate et Antigua. Je comprendrais une fois a Antigua pourquoi les amortisseurs faisaient un bruit aussi horrible.

Sur une route qui pourrait ressembler a notre périphérique parisien, un bus arrêté sur la file de droite provoque un petit embouteillage. En passant a coté, je vois le conducteur, torse nu, sous le bus en train de réparer.

Nous arrivons enfin a Antigua. Ici toutes les rues sont pavées ! Mais pas de ces pavés correctement alignés d’un mai 68 parisien. Non, ici ils sont tous biscornus, dans tous les sens, dans toutes les formes et signent ainsi l’arret de mort de toute forme d’amortisseur.

En fait mon conducteur est le pere de famille de la maison dans laquelle je suis hébergé. Il me semble jeune. Ma chambre est toute petite, un lit, une commode, une table et une chaise. Une lumiere jaune faible et vacillante tente malgré tout d’éclairer cette piece. Je suis trop fatigué, je m’endors.

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